Association d’alphabétisation du Foyer Pinel
Cours d’alphabétisation et de FLE à Saint-Denis (93)

Categories

Accueil > La pédagogie > Comment se déroule un cours ?

Comment se déroule un cours ?

vendredi 15 octobre 2010, par Julien

Vaste question. Mais il est essentiel de faire rapidement la distinction entre un élève qui a déjà été scolarisé (familier avec un environnement écrit) et un élève analphabète. Les besoins ne sont pas les même.

Quoi qu’il en soit, au début, il est indispensable que l’élève ait une maitrise minimale de l’oral, un vocabulaire de base qui lui permette de se présenter et de faire des tâches quotidiennes sans que la langue soit un obstacle (vocabulaire courant lié à leur environnement immédiat).

Un élève analphabète, même s’il comprend bien l’oral, pour objectif d’apprendre à lire et écrire, on peut dont imaginer une première partie de cours basée sur l’oral à partir d’images : ils peuvent décrire ce qu’ils voient, dire les mots connus, s’exprimer. Une deuxième partie de cours
peut s’orienter sur la pratique de l’écrit basée sur le vocabulaire vu en première partie. Il est essentiel d’y aller très progressivement au début : certains élèves n’ont jamais tenu un crayon, ce geste qui est automatique pour nous est à apprendre pour eux ; se mettre réellement à leur place est nécessaire pour comprendre ce que l’on peut leur transmettre. Dans l’ordre de difficulté croissant voici des exemples que l’on peut aborder en cours : tenir un crayon, faire des graphisme pour assouplir de poignet, former des lettres, se familiariser avec l’alphabet, travailler l’ordre alphabétique, associer deux lettres pour faire une syllabe, voir des mots très simples, reconnaître un mot dans une liste de mots, faire des mots mêlés avec les mots de la leçon, des mots croisés très simples, former des mots, lire une petite phrase simple, faire des dictées de mots simples voire de petites phrases.

Varier les exercices et les présenter sous forme de jeux peut aider à faire passer ce que l’on souhaite. On peut aussi faire des cours plus pratiques pour aider les élèves dans la vie quotidienne, voir avec eux
ce qu’ils ont envie d’apprendre, faire un cours avec des cartes de métro, un annuaire, une recette de cuisine ; en fait manipuler l’information écrite dans un contexte très précis et concret. Bien sûr revoir systématiquement le vocabulaire vu précédemment est essentiel, il vaut mieux revoir les
choses souvent que d’insister longuement pendant le cours et ne plus y revenir.

Cela donne une idée assez précise d’un cours en groupe 1, sachant que si on peut avoir plusieurs enseignants on peut constituer des ateliers à thèmes regroupant les élèves qui ont à peu près les même difficultés.

Le groupe 2 est constitué d’élèves qui savent écrire distinctement des lettres, reconnaître (oral et écrit) des syllabes complexes (ou, en, oin, in, ...), lire (même avec hésitation) une petite phrase.
On peut commencer à aborder des notions simples de grammaire (masculin/féminin, singulier/pluriel, négation, interrogation, etc) tout en allant plus loin dans la lecture et l’écriture (écriture plus assurée, lisible, lecture de quelques phrases). Bien vérifier que l’élève comprend ce
qu’il lit ou écrit, poser des questions, faire reformuler. Le cours peut se baser sur un texte très simple, lu ou écrit. On peut s’efforcer de travailler sur des objectifs différents : compréhension écrite et orale, expression écrite et orale (soit au cours d’une conversation, soit faire parler l’élève en
continu).

Les domaines pour les cours plus avancés sont plus variés car on se lance (petit à petit) dans les notions de grammaire plus avancées (être et avoir, présent, expression de la possession, adverbes de lieu, etc). Mais ne pas oublier que les notions formelles ne parlent quasiment pas aux élèves, se concentrer sur l’application pratique de la notion (avec exemples et exercices) semble plus utile.

A partir du groupe 3 l’apprentissage de la lecture et de l’écriture n’est plus central. La lecture et l’écriture deviennent des outils pour maitriser mieux la langue aussi bien dans la compréhension que dans l’expression. Quand les élèves déjà scolarisés ont acquis un vocabulaire de base, il peuvent rejoindre le groupe 3 car ils correspondent plus à leurs besoin.